Dossier Family : Dépression post-partum n’est pas un luxe.

Aujourd’hui on parle de Dépression post-partum .En réponse à un Pavé dans la mare chez La nouvelle Eloise qui s’interrogeait sur le fond du soucis du baby-blues » , je voulais te mettre un petit article, qui n’engage que mon ressenti face à cette plaie à laquelle peu echappent.

Tout d’abord c’est quoi la Dépression post-partum? 

Dépression post-partum , de son joli nom baby-blues , est une phase de déprime (voire de dépression violente ) qui touche la majorité des femme entre 3 et 10 jours après avoir accouché.

Elle se traduit souvent par des crises de larmes, des sautes d humeur, insomnies (en même temps la nature est bien faite hum) , perte d’appétit . Mais elle peut aller beaucoup plus loin (quelques cas de suicides recensés) .

Et ça vient d’ou? 

Techniquement, le chute brutale d’hormones après avoir accouché, plus la fatigue du dernier trimestre (pour les plus chanceuses) nous fait craquer un peu et c’est la que pourrait s’intensifier le soucis.

De manière générale, ce passage à vide dure entre quelques heures et 10 jours… Mais parfois cela peut aller plus loin.  Et nous parlerons plus clairement de dépression.

Mon ressenti perso  (cela n’engage que ma personne nous sommes toutes différentes face à ca)

Je suis déjà de nature , quelqu’un de très angoissée, qui se fait montagne d’une petite bute, mais après avoir accouché ma mal etre a duré longtemps (pas loin d’un an )

Au départ, j’ai déjà été très surprise en accouchant.

Mon fils m a été enlevé à la barbare (je n’entrerai pas dans le détail mais ce fut un massacre ), lorsqu’il est sorti, je n’ai même pas eu la joie de le toucher ou de le voir alors que lui et moi allions bien. (enfin lui surtout moi j ai bouffé de l’antidouleurs pendant 5 mois ) . J’ai juste entendu un miaulement, puis il est parti en couveuse pendant 45 très .. très longues minutes… (le temps qu il a fallu pour me recoudre intégralement .j’y reviendrais )  Pour rajouter à mon choc, ma maman a pu voir mon bébé avant moi… Alors oui j’adore ma mère plus que tout, j’ai été ravie heureuse comblée et fière de l’avoir à mes cotés pendant une Bonne partie de mon travail en salle d’accouchement (une chance d avoir sa maman proche de soi à ce moment je referai si je pouvais ) mais j aurais aimé pouvoir profiter de mon fils avant… (mais je la connais la filoute, elle s’est faufilée avec la complicité du Papa de mon figolu dans la salle ou se trouvait l’inutile couveuse. Maman si tu me lis JE T AIME ) JE sais aujourd hui que ce temps là est perdu et qu’il me pèse énormément.

Quand je l’ai enfin eu aux bras, je m’attendais à cette merveilleuse et fameuse bouffée d’Amour dont tout le monde parle.. Je ne l ai pas eu. Bien sur j’aimais déjà mon fils, j’étais déjà dingue de lui à lui donner ma vie s’il fallait, mais je n’ai pas eu cet élan énorme et j’ai culpabilisé à bloc.LE beau mensonge de la grossesse.

Puis, j’ai souffert physiquement. J’ai voulu cet enfant des mois et des mois avant qu’il n’arrive (par hasard en plus ) j’en parlais matin, midi et soir, j ai détesté les femmes enceintes, les jeunes mamans pendant tout ce temps la.. chaque annonce de grossesses était un supplice, un affront même ) mon désir insatisfait car faute d’emploi ce n’était pas envisageable. Ma grossesse a été super .. mais le dernier mois un vrai supplice.. 30 kilos dans les dents, de l’oedeme à bloc… me lever du canapé pour aller faire mon 15eme pipi de la dernière heure était un calvaire tant mes chevilles enflées et disparues étaient douloureuses.

Et puis l’accouchement en lui même parfait jusqu a cette saloperie de péri.. que je ne voulais pas… je pleurais déjà quand on me piquait parce que j avais cédé à la facilité… et c’était une erreur… car je l ai payé cher physiquement.

Et les suites… D’abords cette impression d’isolement.. de passer du statut de celle qui porte la vie, qu’on protège  a la mère de la merveille dont peu se soucient (sauf mon mari et ma maman quand même ) , les nuits infectes pendant longtemps (très longtemps), la souffrance physique qui m a value de repasser au bloc pour recouper cette saloperie d’épisio mal recousue quelques semaines après avoir mis mon fils au monde…

le sur poids que j’espérais perdre rapidement.. et qui, ce salaud, était pire en sortant de la mater qu’en y entrant (imagine : tu mets au monde un enfant de presque 4 kilos et tu ressors avec 6 kilos de plus qu’en entrant à la mater… )

Les nuits horribles , pas plus de 3h pas d’affilée.. pas de sieste et les bib donnés dans la douleur (episio… qu’on refera 3 mois plus tard donc)

et les remarques , anodines surement mais blessantes pour moi à ce moment la :  » tu nous a soûlés,   t as pleuré tout le dernier mois, et maintenant tu pleures parce qu’il est la  » etc etc etc

Tout ca pour dire que non, le babyblues n’est pas un luxe, juste qu’aujourd’hui on en parle, plus ouvertement, on se soigne pour ça, on est informées .. alors qu’avant fallait simplement souffrir en silence.

MAis tu sais quoi? Si c’était à refaire.. je recommencerai

mes petits pieds♥

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9 comments

  1. revesdebulle says:

    Je voulais laisser un message à Mogwaille sur son billet, mais je n’avais pas trouvé les mots, et j’avais abandonné. Tu as très bien dit ce que je n’ai pas réussi à dire ! J’ai fais un billet il y a quelques temps sur mon propre baby blues et j’avais peur de me répéter sans pour autant expliquer clairement ma pensée. Alors merci de l’avoir fait pour moi ^^

  2. Benedicte says:

    Coucou !!
    Ah qu’est ce que je m’en souviens ma belle, de tes souffrances ….
    Bon on pleurait toutes les 2 pour accoucher, mais t’as vraiment dégusté hein je me souviens tes oedèmes etc, et puis vraiment il y a des choses qui te sont arrivées que j’ai du mal à comprendre venant de la part du personnel médical (absence de contact immédiat avec ton fils …. ton épisio ratée, j’avais vraiment été choquée, alors rien que pour ça, l’accumulation de toutes ces choses ne rendent que plus compréhensible ta dpp.
    Et pour le fait de passer du statut de porteuse de la merveille, à la maman invisible, moi limite ma belle mère oubliait de me dire bonjour et se précipitait sur Josh’ ^^ (bon j’adore ma belle mère ^^).
    Ah le joli baby blues ….

  3. Dexterina says:

    J’ai vécu un peu la même chose :/
    J’en parle dans l’un de mes articles si tu as envie de lire : http://lepassagernoirdedexterina.wordpress.com/2012/07/07/deprime/

    Je n’ai pas sût trouver les mots pour commenter l’article, ayant moi même fait une déprime post partum…

    Mes enfants, je les ai voulu, j’ai detesté voir ces ventres rond portant la vie alors que le mien ne portait que du gras. Je suis tombé enceinte très vite pour mes deux enfants (3 mois et directement) mais, il m’a fallut pas loin de 7 ans pour avoir une situation, décider mon homme et mettre mon envie de bébé en accord avec ma raison (pour choisir « le bon moment » )

    La naissance de mon fils a été difficile, j’ai attendu de longues minutes avec ce silence anormal du bébé violet qui ne pleure pas. Ce bébé dont le coeur était déscendu à 70 pulsations dans mon ventre, ce bébé qu’il a fallut extraire de force avec les forceps que je redoutaient tant… Cette peur qui m’arrache les tripes jusqu’au moment où enfin, il pleure.

    Mes amies allaient accoucher dans les mois suivant, elles m’avaient fait promettre de leur raconter… Je me suis tue, je n’ai rien dit juste que finalement il avait fallut l’aider un peu mais j’ai délibéremment caché des choses.
    J’ai parlé une fois qu’elles ont eu toute accouchée, environ 6 mois après.
    Là, j’ai écris, j’ai raconté et j’ai publié sur mon facebook ce qui allait être pour moi une délivrance…

    Je me suis relevé mentalement lorsque mon bébé, ma merveille, mon fils a eu environ 6 mois.

    Je l’ai toujours aimé et j’aurais pu mourire pour lui mais, j’étais au fond du trou et personne ne le voyait, je cachais tout… seul mon homme m’entendait pleurer à chaque appel…

    Il y’a un an, j’ai accouché de ma fille, un accouchement que j’aurais pu mener seule avec elle tellement il a été merveilleux. Ce coup ci, comme la première fois, pas de péri donc de la douleur MAIS; j’ai pû l’attraper et la sortir moi même, la prendre contre moi et l’a coller contre ma peau, sentir sa chaleur, voir ses yeux s’ouvrir sur moi, entendre ses petits cris, mon homme a pû couper le cordon… toutes ces choses qui ne nous avaient pas été donné lors de la première naissance m’ont aussi fait renaître et vivre une naissance que je qualifie de MAGNIFIQUE.

    On nous dit que, l’accouchement est toujours « Que du bonheur » et c est malheureusement pas toujours vrai. Pour autant, donner naissance aux êtres que l’on aime plus que tout au monde, c’est merveilleux, il faut juste réussir a faire une croix sur l’accouchement « parfait » et apprendre à découvrir son enfant chaque jour.

    Désolée, c’est un peu pavé tout ça ^^

    J’espère que tes douleurs ont réussi a s’estomper et que tu arrive aujourd’hui a en parler sans pleurer. De mon côté, même 3 ans après j’ai toujours cette boule au ventre quand je pense au fait qu’il a failli mourir (et moi par la même occasion mais , j’en garde une moins grande importance… )

      • dexterinablog says:

        Tout a fait ! On se dit souvent  » c est juste hormonal » sauf que parfois, il y’a quelque chose de plus profond, de plus enfoui et je pense vraiment qu’en parler aide à aller mieux!
        En tout cas, pour moi, ça a été une vraie délivrance de pouvoir mettre des mots sur la peur que j’avais eu.

  4. Juliette says:

    Bonjour, je suis une élève de première ST2S au lycée Henri Poincaré à Palaiseau, Avec deux de mes camarades nous devons réaliser une étude complète en vue de notre Baccalauréat , le thème que nous avons retenu est la dépression post-partum. Nous recherchons des femmes ayant vécu cette situation et qui serrais disponibles pour répondre a nous question

Et si tu me laissais un petit commentaire?