College, les pires années d’une vie.

Les années 90… Ces grandes années, bercées par Patrick Bruel, UB40, Nirvana, les cheveux laqués avec la coque en guise de frange, les palladium, les jean larges et troués, l’acnée, le tshirt waikiki ou fido dido, et le collège….

On sait bien que l’adolescence est un moment à part dans nos vies.. Nos parents l’ont redoutée, puis elle est arrivée….

Venu le temps d’etre une groupie avec un caractère de cochon, de l’indépendance un peu – mais pas trop – mais un peu … mais pas trop … Et celui du Collège.

Ce temps où, en pleine crise identitaire, on oscille entre rester un petit à sa maman, ou devenir un jeune adulte affranchi (la bonne bonne blague ) …. On navigue alors entre deux eaux. Toujours borderline, toujours à fleur de peau… la moindre contrariété et c’est le feu aux poudres on explose on à la rage…. C’est ça le temps du collège.

Le Collège.. C’est ce moment où on passe de l’école primaire , cocon, bien protégé, et qu’on est laché au milieu d’une meute de hyènes affamées.

Le College c’est ce moment où tu passes ta premiere année à essayer de comprendre comment te rendre au cours suivant, et à trouver le temps d écrire ton cours, l écouter, rire aux blagues du ptit malin du groupe, ne pas te mettre au premier rang (surtout JAMAIS ) et tenter soit de te faire discret soit de passer pour quelqu un de cool en alignant quelques mots dans le carnet de correspondance histoire de passer aussi pour un rebelle.

Sauf qu on a pas tous la cool attitude, et au collège, tu peux vite basculer du coté du boulet… et là ça fait mal… très mal.

Le collège.. Mon collège… Les pires années de toute ma vie. J’étais une élève tranquille et très moyenne. Pas trop à la mode mais pas à la ramasse non plus (et ça me suffisait bien).. j ai passé ces années dans la crainte d’un pion débile, dans la crainte d un CPE sévère mais jamais contre la bonne personne, et dans la crainte d une bande de handballeuses bien taillées et bien trop téméraires….Mes bourreaux . Il m’arrive encore parfois de croiser l’une d’elles… Et à 38 ans je frémis encore et mon coeur se serre.

Le collège…. Le temps où je n avais pas encore le vice de fumer , mais où je me faisais frapper parceque je n avais pas de cigarette à donner.

Le College, Le temps où ma trousse était un open bar et ou je devais donner mes stylos plumes creeks sous peine de violence immédiate (j ai encore le souvenir de ma tête contre le mur des toilettes des filles….) .

Le Collège.. le temps où je n’avais plus de prénom, mais juste un nom de famille. L’entendre dans les couloirs était une hantise permanente car je savais…

Le Collège, le temps où je devais laisser ma place dans la file de la cantine sinon on me promettait un retour de baton.

Le Collège, ce temps où la violence est encouragée par ceux qui regardent…. Ce grand moment dans les vestiaires du sport, où la grande frisée me frappait et que d autres me tenaient au mur….Sous les yeux de ceux qui encourageaient la bagarre au lieu de réagir pour y mettre fin  (Peut être que tu ne t en souviens plus… mais moi je ne t’ai jamais oubliée Garce )

Le Collège, le temps où je respirais trop fort et où on m’attendait à la sortie.

Combien de soirées où je sortais par la petite porte.

Combien de soirées où je sortais le plus vite possible pour partir avant leur sortie à elles

Combien de cheveux perdus.

Combien de morsures.

Combien de silence en rentrant chez moi… Ne rien dire surtout à ma mère… Ne jamais lui avouer mon calvaire et ma souffrance. Elle en avait bien assez eu.

Comment lui dire à ma mère qui etait passée par un drame immonde et faisait face à la vie comme une battante hors norme, que sa fille etait une incapable sociale… l incapacité à se défendre, l incapacité à etre jolie…. Comment lui dire qu’à cause de son acnée on la surnommait face de lune? Le visage ravagé par les hormones.

Comment lui dire que les palladium devaient etre kakies et pas beiges, comment lui dire que le joli sac chevignon dont j avais tant revé et que j avais obtenu à noël avait recu un coup de cutter des la semaine de la rentrée comme ca juste pour me faire du mal…. Je n ai jamais rien dit.

Oh oui certes, j ai eu des moments chouettes et des amies (avec lesquelles je passais mon temps à osciller entre les appeler mes soeurs et me disputer). Mais l essentiel de ces années de college se résume en un seul mot :

Violence

Mon salut est arrivé avec le lycée. Mes bourreaux n’y sont pas allées, ou peu d’entre elles , ce qui les rendait moins assurées car moins nombreuses. Et puis j ai muri (oui je suis mure haha) .. Le lycée .. c’était les plus cool années de mon adolescence.

Aujourd hui je suis Maman. Et mon fils est à 2 années du College et j’ai peur.

J ai peur parcequ il sera dans le meme établissement que moi

J ai peur parceque je sais deja que tout ceci sera dur pour lui

J ai peur parceque je sais qu il ne dira rien comme je l ai fais.

Et surtout j ai peur parceque c est un garcon hyper sensible.

Le zouave, tu lui souffles dessus et c est le drame, il tremble, il angoisse, il analyse tout.

Le zouave c est cette petite feuille d automne , encore accrochée à son arbre.. Celle qui tremblotte et le moindre fremissement causera sa chute.

J’ai peur pour lui parceque je sais la violence.

J ai peur pour lui parceque je sais aussi que sanction il n y aura jamais contre les bourreaux.

J ai peur parceque je ne sais pas du tout ce qu il va devenir … L’enfant ultra sensible, craintif, timide et trop bébé parceque surprotégé surement.

J’ai peur parceque je ne sais pas comment faire face à cette tempête qui se prépare dans sa vie. Je ne sais pas comment gérer son adolescence, alors que je sais le mal qui va le ronger de l intérieur… J ai peur qu il coupe toute communication et que je sois impuissante à lui donner de l aide.

J ai peur parcequ’il a deja connu le harcèlement scolaire… de la petite section à la fin du CE1.. Il a déja connu la violence, les morsures, les bousculades, les coups… et l injustice de la société dans notre incapacité à pouvoir agir contre son harceleur…. (Le seul moyen etait de lui dire de rester toujours proche d un adulte car rien ne pouvait etre fait contre cet enfant et cette famille.. le salut est venu d un changement d etablissement )

J’ai peur parceque cette phase a deja causé des dégats sur lui rendant un enfant sensible encore plus sensible … Rendant un enfant de 9 ans dans l eternelle boucle du “je suis nul, je ne sers à rien, je ne ferai jamais rien de ma vie “… Que deviendra t il s’il subit encore tout ca?

Quelle position prendre face à nos ados pour les aider à s’envoler tout en restant le copilote? Ne jamais l envahir ou trop le couver, mais ne jamais lui lacher la main pour traverser les turbulences ?

Le Collège… 25 ans plus tard et ça me hante toujours…..

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7 comments

  1. lyly says:

    J’ai connu les mêmes années de terreur… J’ai la même peur pour mon ainé qui n’a pourtant que 8 ans. (mais il a tout pour malheureusement attirer les harceleurs contre lui car il est différent : comportement atypique, trouble de concentration, diabète insulino-dépendant…

    J’ai compris en 3e qu’ils n’étaient pas fort tous autant qu’ils étaient (j’avais plusieurs groupes contre moi) j’avais parlé à maman “c’est des jaloux(ses) ne les écoute pas” pas d’un grand secours… du coup j’ai gérer seule
    Mais en 3e j’ai compris qu’il fallait que je garde la tête haute, parce que si je criais ils se sentaient encore plus fort.
    Un jour j’ai eu du répondant, j’avais longuement réfléchi et j’ai trouver ciment faire taire ce mec, je l’ai mouché à un point qu’il n’imaginait pas et de ce jour il m’a laissé tranquille.
    En fait j’ai décoché une flëche, c’est la technique préconnisé par Emmanuelle Piquet qui a sorti 2 livres ses dernières années
    un a destination des parents “je me dédends face au harcélement” et un a destination des ado “te laisse pas faire” J’ai acheté les 2 car j’ai peur effectivement. d’autant plus que mon loulou a déjà eu des soucis en CP il avait un groupe de 6 contre lui je lui ai dit, “tu les compte au haute voix et tu fini en disannt : bin… je suis donc si fort que ça que vous devez vous mettre à 6 contre moi ? ”

    Apparemment avant les vacances il a entendu (mais ne sait pas qui) “le diabète ça rend bête” et je lui ai dit “la prochaine fois tu te retournes et tu dis “ahhhhh c’est pour ça alors… bin tant mieux parce que je le jour où on saura me guérir, je serais guéri de ma bêtise, pour la tienne par contre y’a pas de traitement.”

    Je lui ai dit qu’on m’avait emmerdée, tapée, volée, moquée etc… qu’on avait joué avec les affaires et que j’avais compris qu’on fond ils étaient plus faibles que moi, qu’ils faisaient a pour se sentir fort mais ils ne le sont pas. Je lui ai dit : “si moi j’interviens ça sera pire que tout, mais par contre je vais t’aider à trouver la bonne réponse, la parade pour les faire taire.

    C’est peut-être pas grand chose mais au moins il saura qu’il peut se tourner vers moi et avant d’entrer au collège on lira ensemble le livre d’Emmanuelle Piquet, on en discutera on se fera une réserve de flèches à décocher en fonction des situations.

  2. La parenthèse psy says:

    Coucou ! J’ai lu ton témoignage et c’est poignant. Le harcèlement durant cette période n’est pas rare malheureusement… Je travaille dans une “maison des adolescents et de leurs parents” en bourgogne. Je rencontre donc des jeunes ayant rencontré les mêmes difficultés que toi ou alors des parents qui viennent de découvrir ce que leur enfant a subit. Ils viennent avec cette culpabilité de n’avoir rien vu, rien entendu, pas deviné. Un enfant qui subi ces violences sort rarement du silence, il est difficile de s’en apercevoir. Néanmoins, vos enfants ne vont pas rencontrer les mêmes problèmes que vous, ils n’auront pas votre vécu. Trop les couver ou trop les lâcher, nous devons trouver le juste milieu. La bonne distance. Expliquez leurs votre vécu. Expliquez leurs que vous serez toujours là pour eux, ils sauront venir vous chercher en cas de besoin ;)

    https://la-parenthese-psy.com/

    • Brie says:

      Merci beaucoup. Oui j essaie de ne pas anticiper pour lui. Il se peut même que ça se passe très bien pour lui. Je travaille sur moi pour ne pas lui transmettre ma peur et disons le mot : mon traumatisme. On est bcp dans le dialogue dans le partage et dans l entraide. Apres son vécu plus petit il sait qu on peut l aider à passer le cap. Mais mon moi du collège hurle encore dans ma tête plus l échéance approche et plus je l entend

  3. matchingpoints says:

    Perso nous sommes très loin de cette époque. Mais nous l’avons vécu un peu à travers nos enfants.
    Si vous avec un bon contact avec votre enfant, il n’y a pas de raison qu’il ne se confiera pas à vous. Vous pouvez parlez un peu de votre adolescence à vous sans l’alarmer. Peut-être tout se passera bien lui !
    Il est difficile ce passage pour nous les parents aussi, savoir lâcher prise un peu tout en surveillant.

  4. chiffonsandco says:

    et bien, dis donc, je n’ai pas de tels souvenirs, moi…. Heureusement! Quant à mon fils qui est en terminale cette année et qui a fait sa scolarité dans un collège, disons pas facile, il s’en est très bien tiré. Je l’avais averti qu’il devrait me dire sans tarder si jamais on le harcelait, que ce n’était pas une fatalité, d’autant plus que nous avions un pas dans le collège, étant représentant de parents d’élèves. Il faut préparer nos enfants à toutes les situations, mais il ne faut pas leur insuffler nos peurs, il faut les rendre plus fort. Le mien faisait du judo par exemple.

  5. Bombastikgirl says:

    Coucou, étant assez timide dans ces années là, je m’en suis tirée avec de l’orgueil et de l’humour sinon j’y passais ! A cette époque, je me suis entourée de bonnes élèvres et aussi de chipies et en plus je faisais des bêtises alors on ne m’enbêtait pas trop ! Mais j’ai vécu un peu de harcélement moral en primaire mais rien de méchant ! Pour ce qui es de ton fils, le seul remède est l’ignorance contre ces personnes là et pis de beaucoup communiquer avec lui et le pousser à s’extérioriser avec des activités de groupes ! Voilà mais ce n’est que mon avis ! Bisous

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